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De l’usage des règles dans l’organisation

October 26th, 2009 AgileGardener

Lors d’une des nombreuses conversations géniales que j’ai avec Martin, je lui ai exposé mon point de vue sur la notion de règle effémères.

Nous parlions de la strucutre de l’organisation en communautés, de la place de l’individu dans le groupe, des droits de chacun et des devoirs que l’exercice de ces droits impliquent pour qu’une communauté fonctionne de façon ”fluide”, optimale.

Je faisais le constat suivant : un groupe, une organisation établit de façon quasi systématique des règles.
La plupart du temps ces règles sont établies pour prévenir d’hypothétiques problèmes de comportements bien souvent fruits de notre expérience passée de vie en société. Dans quelques cas, les règles sont établies à juste titre, pour contenir ou limiter des comportements présents non souhaités et mettant en danger la vie du groupe (considérons qu’à ce moment là la communauté est encore utile et qu’il serait dommageable de la démanteler).

Une fois établies ses règles, l’organisation dépense beaucoup d’énergie à en contrôler le respect, à les enrichir pour contenir les cas d’exceptions, à les maintenir en place. Petit à petit cela contraint le groupe, limite son action et la communauté fini par être complètement sclérosée, incapable d’agir.

Je pose la question suivante :

Pourrait-on considérer qu’une règle n’est établie que dans le seul but de disparaître au plus vite ?

On édicte une règle pour contenir une dérive MAIS contrairement à ce que l’on observe habituellement, je propose que l’on se donne comme objectif de rendre cette règle désuette le plus rapidement possible. Cela va nous obliger à concentrer notre énergie non pas sur le contrôle, mais sur la formation, l’éducation et l’autonomie du groupe, dans le but d’atteindre la maturité nécessaire à rendre la règle obsolète.

On renverse ainsi le modèle, au lieu d’établir de plus en plus de règles, on met en place de plus en plus d’actions éducatives, on allège les contraintes de l’organisation en augmentant la maturité des individus et du groupe dans son ensemble.

Ultimement, une organisation devrait être en mesure de fonctionner uniquement sur la base des ses valeurs et des principes associés, sans plus aucun réglement ou code.

Comme première étape, je propose qu’à chaque fois qu’on édicte une règle, on y inscrive de façon explicite et visible son délai de vie (par exemple, nous mettons en place une règle “contrôlante” que nous allons abolir d’ici 24 mois) et les actions éducatives mises en oeuvres pour la rendre obsolète.

Une fois le délai écoulé, ou plus tôt si cela est possible, on abolit la règle en accordant une période de surveillance afin de vérifier que le comportement est bien corrigé. S’il est encore nécessaire de poser des limites on récrit (ou on ajuste) une règle.

Pensez-vous être capable de vivre dans une organisation dans laquelle le but d’une règle est de provoquer un apprentissage visant à la faire disparaître au plus vite ?

  1. October 26th, 2009 at 04:02 | #1

    Bonjour, c’est une idée très séduisante. En effet j’ai quelques fois des doutes sur les systèmes de règles que nous mettons naturellement en place pour formaliser notre expérience. Les systèmes de règles semblent très vite s’auto-entretenir et acquérir une sortie de vie propre…
    Aussi il me semble très pertinent d’utiliser des règles éphémères et par contre de renforcer la formation.
    D’autre part, les règles sont parfois mal ressenties par ceux qui doivent les appliquer, je suppose qu’avec une durée de vie prédéfinie cela passerait beaucoup mieux.
    D’autre part la durée prédéfinie serait sans doute un moteur efficace de l’amélioration continue, puisqu’il faudra se poser régulièrement la question de la pertinence de ce que l’on fait, au lieu de s’appuyer aveuglément sur des règles gravées dans le marbre.

    Donc merci pour cette excellente suggestion.
    Bruno

  2. agilegardener
    October 28th, 2009 at 20:28 | #2

    @Bruno Orsier
    Merci beaucoup pour ce commentaire. 
    Dans les semaines et les mois qui viennent je souhaite appliquer cette idée. 
    Je posterai un retour d’expérience

  3. November 6th, 2009 at 11:37 | #3

    C’est une idée qui me plaît aussi beaucoup. Après tout les individus et les entreprises ont une date de péremption (quoiqu’un peu aléatoire). Donc pourquoi pas leurs artefacts ?

    Mais ça m’amène quand même aux questions suivantes :

    - Quand une équipe passe de la phase « norming » à « performing », c’est en souvent dû à l’assimilation de règles tacites (en complexité on parlerait d’émergence du fait de contraintes/limites). Comment poser une date d’obsolescence sur quelque chose de non-dit ? Le faut-il ?

    - Comment déterminer « le plus rapidement possible » qui doit être appliqué à une règle ?

    - Au bout d’un moment cette règle va se voir appliquer à elle-même : la règle qui frappe les règles d’une date d’obsolsecence devient elle-même obsolète (oh le joli cas de récursivité…). À moins qu’on en fasse une exception. Et partant de là, comment savoir si une autre règle doit échapper à ce phénomène d’obsolescence ?

    Ton expérimentation te donne-t’elle des pistes ?

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