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ScrumMaster, chut! Écoute!

May 20th, 2010

S’il est vrai que le ScumMaster doit savoir se faire entendre, parfois fort, pour protéger son équipe, il doit aussi apprendre à se taire et surtout à écouter.

Dans beaucoup d’équipes ou d’organisations, les personnes se parlent mais ne s’écoutent pas. Chacun essayant de faire entendre sa voix, de passer son point, de montrer qu’il est là.

En tant que ScrumMaster, lorsque l’équipe débute, on a tendance à être sur le devant de la scène, à parler pour expliquer Scrum, pour animer les meetings, pour guider l’équipe lors des cérémonies, pour suivre ce qui se passe lors des mêlées quotidiennes. Bref, à être plus présent et plus directif.

Cependant, passé les premières itérations, l’équipe doit en savoir suffisamment sur la mécanique pour avoir adopté certains réflexes. À ce moment là, vous devriez être en mesure de vous retirer symboliquement pour laisser l’équipe s’organiser.

Ce retrait symbolique  est pour moi le moment de passer du bruit au silence, de la parole à l’écoute, de préférer les questions aux directives.

Tout le monde vous le dira, je suis quelqu’un qui aime parler, j’aime aider l’équipe, expliquer, transmettre mes idées, mes valeurs, mes connaissances. J’ai cependant remarqué quelque chose de très important. Attention c’est un scoop… Le silence est d’or!

Lorsque je participe au daily de l’équipe, comme ScrumMaster, j’aime me mettre dans un coin, en retrait, et écouter. En fait, je ne dors pas, je m’assure qu’on ne dépasse pas le temps, je peux intervenir quelques fois s’il y a des questions, et, je prends des notes sur des points pour lesquels je veux questionner l’équipe : une tâche qui semble apparaître mais qui n’est pas créée, une tâche bloquée, un comportement que je remarque. Mais bien entendu, je continue à participer à la synchronisation avec l’équipe et à transmettre les informations nécessaire.

Parfois j’utilise ces notes à la fin du daily, lorsque tout le monde a parlé, pour poser des questions, faire prendre conscience de faits, de comportements. Certaines fois je retiens mes notes quelques jours pour prendre le temps de vérifier que mes observations se reproduisent, pour laisser l’équipe expérimenter la difficulté liée à son comportement, etc. Bien évidemment, tout est une question de dosage. Je ne laisse pas l’équipe s’empêtrer dans des difficultés trop graves.

J’ai remarqué une chose, avec une équipe expérimentée, en usant de ce comportement silencieux suivi de questions pertinentes, sur une base régulière, l’équipe attend la question, recherche le feed-back à l’aide duquel elle apprend et elle adapte son comportement pour s’améliorer par petits pas.

Dans le cas d’une équipe débutante en Scrum il est nécessaire d’être plus directif, mais dans le cas d’une équipe rôdée (après quelques itérations), cela devient contre productif et ralenti le travail de l’équipe. En effet, l’équipe adopte une attitude dans laquelle elle attend qu’on la dirige, qu’on la corrige dès le moindre écart, elle ne prend donc pas le temps d’observer et de réfléchir à son attitude. Elle n’a pas non plus l’opportunité de faire des faux pas ‘simples’ qui lui permettent d’apprendre lorsqu’ils sont remontés sous forme de feed-back.

En disant cela je n’invente rien, je partage simplement mon vécu, qui finalement illustre ce que nous transmet la littérature.

Votre expérience m’intéresse. Êtes-vous un ScrumMaster loquace ou plutôt silencieux et à l’écoute? Quel(s) changement(s) de comportement(s) de l’équipe observez-vous lorsque vous faites évoluer votre comportement?

P.S.: Pour écouter, il faut accepter le silence. Un truc simple pour ne pas rompre le silence, compter dans votre tête ou bien encore garder un stylo dans la bouche sans le tenir avec la main, si vous ouvrez la bouche, il tombe!