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Le gestionnaire agile dans les lignes de tir

June 10th, 2010 6 comments

Coincé entre sa direction qui ne comprend pas encore les enjeux et les répercussions de la mise en place d’une approche de gestion de projet agile  et son équipe qui maintenant prend ses responsabilités, le manager d’une équipe agile reçoit des balles de toute part.

Bien entendu, tout le monde ne souhaite qu’une chose, réussir le projet. Cependant, les 3 protagonistes n’ont pas le même point de vue sur ce projet. Ils n’ont pas les mêmes connaissances de l’ampleur, du détail et de la difficulté de l’ouvrage. Ils n’ont pas non plus les mêmes besoins aux mêmes moments pour se rassurer (ou être rassurer) sur les chances de réussite ou sur la santé du projet.

Le gestionnaire agile dans les lignes de tir

Le gestionnaire agile dans les lignes de tir (photo by http://www.flickr.com/photos/mashleymorgan)

Lorsque qu’après avoir convenu qu’une première livraison de 2 mois permettrait de lever les risques et d’obtenir une ‘tranche’ verticale de logiciel fonctionnel, afin estimer de façon plus sereine le reste du projet, la direction décide de demander à l’équipe de réestimer la totalité du backlog après seulement 1 mois de travail, la fusillade éclate et le gestionnaire ou manager agile se retrouve dans les lignes de tir.

Satisfaire la demande de la direction ou soutenir l’équipe qui est tout à fait d’accord de réestimer le backlog, mais seulement après la release, une fois qu’elle aura l’information pertinente qu’elle cherche à obtenir.

C’est à ce moment là que le manager « au service de l’équipe » devrait faire son apparition. Être au soutient de l’équipe et l’éducateur de la direction.

Il doit être en mesure de répondre clairement aux interrogations des uns et des autres et d’expliquer à chacun les besoins de l’autre comme par exemple :

  • Pourquoi la direction veut-elle une réestimation maintenant? Y a-t-il un besoin concret qui échappe à l’équipe comme par exemple une communication stratégique ou bien est-ce simplement une crainte, une insécurité générée par les nouvelles façons de faire, le nouveau reporting?
  • Peut-on patienter encore quelques semaines? Admettons que les estimés préliminaires sont faux. Normal, ce sont des estimés! Ceux d’aujourd’hui, réalisés avec des connaissances encore incomplètes sur des risques identifiés, ne seront-ils  pas aussi faux? Seront-ils plus pertinent s’ils sont établits dans 4 semaines une fois les risques levés?
  • Pourquoi l’équipe ne souhaite-t-elle pas réestimer maintenant? A-t-elle peur? Refuse-t-elle de communiquer, d’être transparent vis-à-vis de la direction? Pense-t-elle que l’investissement à ce moment donné n’est pas rentable? Manque-t-il des informations nécessaires?

Les arguments de tous seront valables. Alors que doit faire le manager? Rester au milieu et prendre les balles? Ne satisfaire personne? Ou bien se positionner et prendre le risque de décevoir sa direction ou son équipe?

Pour ma part, je pense que le calcul à faire est celui du succès de l’équipe. Est-ce qu’une journée d’estimation rapporte plus qu’une journée à coder pendant laquelle on apprend sur les risques techniques que l’on doit affronter? À certains moments peut-être, à d’autres non. Ce qui est certain c’est qu’une équipe frustrée qui ne se sent pas soutenue, est moins productive et performante.

Faire le calcul de répondre à la demande de la direction sans tenir compte de l’équipe est peut-être bon pour la carrière, mais n’est pas le meilleur moyen d’aboutir à une équipe auto-organisée, performante, motivée et responsable. Il est plus pertinent d’éduquer la direction, de la rassurer, de lui expliquer que l’équipe ne juge pas pertinent de réévaluer maintenant mais qu’elle le fera dès que possible et qu’il faut lui faire confiance. Il est aussi judicieux d’expliquer qu’en Scrum cette (ré)estimation est permanente et fait partie du cadre.

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