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Odeurs de mêlée quotidienne

January 28th, 2010 AgileGardener 1 comment
Photo de mêlée (attribuée à http://www.flickr.com/photos/cdm/)

Photo de mêlée attribuée à http://www.flickr.com/photos/cdm/

Il y a quelques semaines de cela, après plusieurs jours sans intervenir auprès de l’équipe, j’ai pu observer, lors de mon retour, une mêlée quotidienne1 avec quelques dysfonctionnements.

Avertissement :

Ce que vous lirez n’est pas un jugement, ce que j’ai observé ne constitue pas à mes yeux des erreurs, mais démontre plutôt un apprentissage naissant de la mêlée quotidienne.

Contexte :

  • L’équipe a terminé une première itération et s’apprêtait à commencer la deuxième.
  • Finalement, elle stabilise pendant une semaine l’application pour une release annoncée très tard. Son passé l’a rattrapé et la date ne peut être manquée.
  • De façon autonome, l’équipe a gardé les nouvelles pratiques mises en place dans la première itération et n’est pas retombée dans le mode “panique livraison” du passé.
  • Je suis présent le jour de la mise en ligne et elle a lieu sans que l’équipe n’ai eu à faire de temps supplémentaire.

Symptômes observés :

  • La ScrumMaster(SM) donne la parole à tour de rôle : “c’est à toi Louis”, Louis fait le tour de la table pour venir parler.
  • Une personne fait du reporting face tableau ou tournée vers le ScrumMaster,  et des conversations parallèles ont lieu.
  • Personne ne donne un statut sur le format des 3 questions2
  • Le tableau de l’équipe n’est pas à jour. Le statut des toutes les tâches est mis à jour en direct, le tableau ne reflète l’état d’avancement qu’après l’intervention. Cela fait perdre du temps et provoque des cassures de rythme dans la prise de parole.
  • Il y a par moment des personnes en retrait ce qui donne deux “épaisseurs” au groupe.
  • La ScrumMaster demande plusieurs fois ce que l’on fait de certaines tâches au tableau avant d’obtenir une réponse.
  • Un bureau gêne l’espace devant le tableau, personne ne le déplace.
  • Une personne est occupée pour la mise en ligne, elle n’intervient pas du tout et ne donne pas de statut aux autres membres de l’équipe.
  • Deux personnes sont assises.
  • Finalement, la mêlée dépasse de 5 minutes le temps imparti.

Debrief et plan d’action :

À la suite de la mêlée quotidienne, je prends quelques minutes avec la ScrumMaster pour lui demander comment elle a perçu cette mêlée, comment elle se sent. Ce que je trouve formidable c’est qu’en quelques secondes elle m’a donnée la plupart des observations ci-dessus assorties de commentaires pertinents : “c’est comme s’ils n’avaient pas encore pris la mesure le l’utilité de mettre à jour le tableau” par exemple.

S’en est suivi un dialogue ressemblant à celui ci-dessous :

SM : “Mais comment je peux faire pour changer le comportement de l’équipe pendant la mêlée ?”

Moi : “Quel est le comportement qui te dérange le plus ?”

SM : “Je dois dire aux personnes de venir quand c’est leur tour”.

Moi : “Que pourrais-tu faire le plus simple pour changer cela”

SM : ” Tu m’as déjà dis de ne pas intervenir, de laisser l’équipe faire son daily”

Moi : “Oui effectivement, peut-être pourrais-tu rappeler à l’équipe ce que tu attends pendant le daily : qu’ils fassent un statut vers l’équipe, en répondant aux 3 questions puis les laisser continuer sans intervenir, en laissant des blancs, des silences s’il y en a. Je t’inviterai à le faire rapidement sans forcement attendre une rétrospective.”

SM : “C’est vrai, je pourrais faire ça, mais ils ne répondent pas aux 3 questions”

Moi : “Les connaissent-ils, peut-être ont-ils besoins que quelqu’un rappellele ces questions”

SM : “Pour qu’ils les voient les questions ont pourrait les afficher”

Moi : “C’est une très bonne idée ça, avoir les trois questions affichées ça permet de se les mettre en tête à chaque mêlée”

Et nous avons continué la conversation encore quelques minutes.

Finalement, le bureau qui gêne devant le tableau va être poussé un peu, les questions vont être affichées, la SM va répéter le comportement attendu lors du daily et laisser l’équipe aller. Les résultats dans un prochain billet ;-)

Dans vos organisations ou dans vos équipes, comment se passent vos mêlées quotidiennes, observez vous d’autres symptômes ?

Si vous êtes coach ou ScrumMaster, comment intervenez vous pour que l’équipe prenne conscience et règle ces symptômes ?

  1. Daily Scrum
  2. Qu’ai-je fait hier ? Que vais-je faire aujourd’hui ? Ai-je besoin d’aide ?

Une équipe Scrum peut-elle vivre sans ScrumMaster ‘officiel’ ?

January 14th, 2010 AgileGardener No comments
une équipe peut-elle vivre sans ScrumMaster officiel

Une équipe peut-elle vivre sans ScrumMaster 'officiel'?

L’été dernier j’ai rejoint un projet qui avait démarré 15 mois auparavant. L’équipe chargée du développement était répartie entre 3 sites (1 à Montréal, 2 à Bordeaux). Peu après mon arrivée, il y a eu réorganisation des équipes, et dans notre équipe, nous avons proposé de ne pas avoir de ScrumMaster ‘officiel’. La question suivante se posait donc pour nous :

Une équipe Scrum peut-elle vivre sans ScrumMaster ‘officiel’?

Je dois dire tout de suite que nous n’avons pas eu le loisir de pousser très loin l’expérimentation car le projet a été interrompu environ 6 semaines après la réorganisation. Nous avons tout de même travaillé avec ce modèle pendant 2 itérations1.

Cette équipe était composée de 3 personnes. Deux étaient présentes depuis longtemps : depuis le début pour l’un et depuis 10 mois pour l’autre. Puis il y avait moi, nouveau sur le projet. Le coéquipier leader naturel travaillait depuis plusieurs mois sur le module dont nous avions la charge. Il y avait une bonne cohésion, nous étions à l’aise avec Scrum et nous nous sentions en contrôle!

Nous tenions notre mêlée quotidienne2 sans difficultés. Nous allions à tour de rôle à la mêlée des mêlées3 — cette pratique était déjà en place  bien avant la réorganisation. Nous faisions la maintenance du carnet de produit4 régulièrement avec le propriétaire de produit5. Nous aidions tous à l’organisation de l’équipe, même si une très grosse partie du travail était réalisée par le leader de l’équipe.

Voici les avantages obtenus lors de ce projet

  • Nous nous sentions vraiment autonomes. Nous organisions nous même nos rencontres importantes (mêlée quotidienne, maintenance du carnet de produit, réunion avec les intervenants extérieurs).
  • Nous étions beaucoup plus responsables. Lorsque quelque chose allait de travers, nous ne pouvions pas dire :  «Le ScrumMaster ne fait pas son boulot ».
  • Nous avions une bonne flexibilité, mais ce point relève petut-être du fait que nous n’étions que trois.
  • Contrairement à ce que j’ai vu à maintes reprises, personne dans l’équipe n’était perçu comme ’supérieur hiérarchique’.

Nous n’avons pas subi d’inconvénients, mais peut-être y en aurait-il eu à long terme.

Cependant je suis convaincu d’une chose : il y a un préalable. Cela peut fonctionner à la condition que l’équipe soit mature, tant sur le plan des personnes qui la compose que  sur le plan de la maîtrise des outils, du processus Scrum et de la communication. Je vous invite à lire, sur un thème similaire, le retour d’expérience d’Isabelle Therrien, où elle fait mention des dérives qui peuvent se produire. Dans les commentaires notamment, il est question de prendre du recul, ce qui n’est pas toujours simple quand on a la tête dans le code pour livrer de la valeur à longueur de journée.

Résumé en quelques lignes, le choix de ne pas avoir de ScrumMaster ‘officiel’ peut paraître rapide ou évident, mais tout ceci ne s’est pas décidé en un jour. De fait, même une fois en place, les questionnements suivants revenaient de façon récurrente dans nos conversations :

  • S’il fait fonction de ScrumMaster, le leader doit-il prendre le titre et s’exposer?
  • Ce rôle peut il être partagé, et dans ce cas, est-ce efficace?

Pour conclure, je dois dire que j’ai aimé cette expérience. Même si cela n’a pas duré bien longtemps, j’ai vu les prémices de quelque chose que je voulais vérifier depuis longtemps : « le rôle de ScrumMaster est un rôle temporaire, il a pour objectif de rendre son équipe capable de se passer de sa présence, et cela peut fonctionner ».

Avez-vous des retours d’expérience similaires à partager ?

  1. Itération : Sprint
  2. Mêlée quotidienne : Daily Scrum
  3. Mêlée des mêlées : Scrum of Scrums
  4. Carnet de produit : Product backlog
  5. Propriétaire de produit : Product Owner

Ça veut dire quoi être actionnaire à Pyxis ?

December 23rd, 2009 AgileGardener Comments off

La question “Ça veut dire quoi être actionnaire à Pyxis ?” m’a été posée il y a quelques semaines, voici la réponse que j’ai donnée :

Je résumerai le fait d’être actionnaire par le sentiment de travailler pour moi et la communauté de gens qui travaille avec moi avec la responsabilité de former, éduquer, confronter et parfois affronter ceux qui travaillent contre nous (ou nous mettent des bâtons dans les roues, ceux qui ne veulent pas changer le monde :)

C’est peut-être l’âge, mais je ne travaille par pour ma retraite (pas encore et j’espère pour longtemps), je travaille pour mon avenir et celui de mes enfants, de mes proches et de nous/vous.

Être actionnaire c’est travailler dans ce sens.

C’est se poser la question “qu’est-ce que j’apporte à l’entreprise aujourd’hui, demain, lorsque je suis en mandat, au bureau, sur le banc, chez moi” et ceci tous les jours.

C’est arrêter contourner les tas de M?RDE et se baisser pour les ramasser. C’est arrêter d’attendre qu’on me donne, arrêter de demander qu’on me donne et faire de mon mieux dans le contexte et avec mes connaissances/compétences pour améliorer mon/notre NPIP (en commencant par moi)

Pour vous cela évoque quoi d’être actionnaire de votre compagnie ?

Être acctionnaire donne des droits mais êtes vous prêts à acceptez les devoirs qui les accompagnent, les conséquences ?

[définition] NPIP : Nombre de Personnes Impactées Positivement

Leader non consentant

December 7th, 2009 AgileGardener 1 comment

just say no Leader non consentantUn leader désigné non consentant ne sera pas un leader ! Prendre un rôle, et la charge qui y est associée, n’est pas une chose qui se décide de façon unilatérale. Cela est un acte d’entête et de volonté réciproque qui implique de savoir dire non dans les deux camps.

Depuis mars 2009, à Pyxis, je participe à la CoMI (Communauté Marketing Internet) en tant que membre actif. Après une période de forte activité au printemps, le niveau d’énergie du groupe a baissé durant l’été .

À ce moment là j’ai proposé de changer notre mode de fonctionnement auquel je voyais les problèmes suivants : pas de cadence, pas d’engagement, pas de carnet de produit,… pour le remplacer  par une organisation du travail de type Scrum. Je pensais que livrer régulièrement des incréments dans le cadre d’un engagement mensuel limité à une part d’un carnet de produit priorisé, nous permettrait de nous concentrer  à livrer plus de valeur pour le site web de Pyxis.

Dès que nous avons parlé de cette organisation, il a été question de trouver parmi nous un ScrumMaster, la personne en charge d’animer l’équipe, et d’aider le responsable du carnet de produit, le propriétaire du produit (PO). Personne ne souhaitait prendre ce rôle (un “indice puant”, un smell). Toujours est-il qu’après avoir dit non une première fois, les membres de la communauté ont décidé, en me forçant gentillement la main :-) , que je jouerai le rôle de ScrumMaster.

Résultat, j’en fais le constat aujourd’hui et je ne le cache pas, je n’ai pas embarqué. Certes j’ai quelques fois aidé le propriétaire du produit (PO dans la littérature anglophone) à organiser les activités et le carnet de produit (backlog), mais je n’ai jamais pris la charge qui m’incombait depuis le jour ou je n’ai pas su dire non aux autres membres.

Être sollicité et “élu” par un groupe de personnes, même si cela est très valorisant, ne signifie pas qu’on a ou qu’on aura l’énergie pour œuvrer au niveau de la responsabilité associée au rôle.

Lorsque vous travailler au sein d’une communauté, certes vous ne pouvez pas espérer coordonner cette communauté sur le long terme sans l’assentiment de ses membres, mais il est évident pour moi que le leadership de la communauté n’est pas une chose qui se décrète de façon unilatérale. Un groupe de personne, aussi bienveillant soit-il, ne peut espérer être correctement guidé par quelqu’un qui n’y est pas explicitement candidat.

J’ai appris une chose, il faut vraiment que j’apprenne à dire non, si mon oui n’est pas un oui franc et massif. Un “ouais” n’est pas un “oui” !

Depuis quelques jours maintenant, après avoir pris conscience de tout cela j’ai décidé d’agir, j’envisageais deux solutions : prendre ma place ou annoncer clairement que je ne la tenais pas.

J’ai décidé de  prendre la place et d’assumer la charge associée. Affaire à suivre …

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